DIGES
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Les guerres

1870-1871, 1914-1918, 1939-1945, autant de dates noires dans l’histoire de Diges comme dans celle de tant d’autres villages.

Les traces persistent dans les archives, les monuments, les mémoires.

En 1870, Diges subit l’occupation prussienne et des documents attestent que, du 10 au 14 Mars 1871, les Digeois eurent à nourrir 2468 hommes de troupe et officiers ainsi que 300 chevaux.

Des indemnités furent prévues pour dédommager en partie les habitants, mais plusieurs années plus tard, certains les attendaient toujours, comme le prouve cette lettre d’un habitant au maire de Diges.

Dans le même temps, l’envahisseur imposa le département de l’Yonne d’une amende de cinq millions de francs dont 22 414 F pour la seule commune de Diges et ce, payable dans le délai d’un mois!

A cette époque, le questionnaire rempli par les appelés au service militaire montre quelles étaient les préoccupations principales des autorités: savoir lire ou écrire semblait bien moins important que faire du vélo ou être aérostier.

Entre 1914 et 1918, au cours de la première guerre mondiale, 68 hommes de Diges furent tués (pour une population d’environ 1300 habitants). Le maire recevait alors un message du secrétaire d’Etat à la guerre, lui confiant la lourde tâche d’informer une famille de la disparition d’un père, d’un frère ou d’un fils.

Outre le monument érigé en 1921 à la mémoire de ces soldats, Diges contribua aussi à la construction du mémorial de Verdun comme l’atteste ce document

 En 1939 sonne à nouveau la mobilisation générale. De nombreux documents attestent de la présence de l’occupant allemand pendant la deuxième guerre mondiale. Là encore, les habitants durent héberger officiers et hommes de troupe. Même Marie-Noël logea des soldats du 8 juillet au 30 septembre 1940, soit 85 nuits de réquisition de 2 chambres et une cuisine. Cette période fut très dure pour les agriculteurs qui durent abandonner une bonne partie de leurs récoltes. Le maire de l’époque le relate dans un courrier, suite à la plainte d’une de ses administrées. Il était interdit, pour les civils, de détenir des vêtements militaires et les municipalités étaient rappelées à l’ordre. Diges accueillit aussi des réfugiés. Pour leur venir en aide, la préfecture leur octroyait des allocations et des bons pour certains produits.

Pendant ce temps, le maquis s’installait dans les bois des Pichots et deux stèles (une aux Pichots, une à la Verrerie Haute) rappellent que les Allemands fusillèrent des hommes dont on ne sut jamais l’identité.

Six hommes de Diges ne revinrent pas de cette deuxième guerre.