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Le château

Ce château comprenait un donjon et quatre tours, une à chaque angle. Une seule de ces tours a complètement disparu: elle se trouvait à la place de l’actuel monument aux morts, à l’ouest. Sur certaines tours étaient percées des meurtrières encore visibles.

 Deux ponts-levis, dont on voit encore la trace, permettaient le passage, l’un des charrois, l’autres des piétons. Il y avait probablement une cour à la place de l’église. Une muraille crénelée fut bâtie aux alentours du XIIème siècle, puis réhaussée par la suite. On peut encore distinguer la marque des créneaux le long de la place. Le puits, seul point d’eau du château à l’époque, et qui date lui aussi du XIIème siècle est également toujours visible. La tour située à gauche de l’église tenait lieu de cour de justice. Des textes datant de 1550 trouvés dans le fond des notaires des archives nationales de Paris l’attestent. Cette tour, à demi écroulée et dangereuse a dû être restaurée et réhaussée de 4 mètres.

 Au XVème siècle, une diminution des bandes de malfaiteurs et une plus grande sécurité amènent la suppression des ponts-levis et d’une partie des douves. On construit alors deux bâtiments de même hauteur, un de chaque côté du donjon. On peut encore distinguer sur celui de gauche les corbeaux qui soutenaient le chemin de ronde en bois. La salle des gardes, très haute, se trouvait dans ce bâtiment, à l’ouest.

 Au XVIIème, de nouvelles ouvertures sont percées et le bâtiment de droite voit sa hauteur diminuée.

 Les communs, appuyés sur la muraille d’origine, datent du XVIIIème siècle. Leur toit en double pente est particulièrement intéressant.

 Les douves, en pente, offrent une profondeur maximum de 3,90 mètres. La hauteur maximum des bâtiments n’excède pas 14 mètres. À l’intérieur, un escalier à vis de 12 mètres permet d’accéder aux étages. Un souterrain, comblé à de nombreux endroits aujourd’hui, menait jusqu’à Arqueneuf et y rejoignait l’abbaye des moniales dans laquelle on pouvait se réfugier en cas de danger.

 Le château possédait également un pigeonnier dans la tour nord. Du haut de cette tour, seul bâtiment que l’on peut visiter, la vue s’étend sur 30 km, jusqu’à l’entrée de l’autoroute Auxerre-sud. En bas de la tour se trouve une petite salle voûtée. Cette voûte du XIIème siècle est intacte. On voit très bien dans le mur les emplacements dans lesquels les ouvriers de l’époque ont placé les bastaings utilisés comme échaffaudage.

 Au premier étage de cette tour, on peut remarquer un appui de fenêtre de forme curieuse:  un bloc de pierre carré, évidé en rond au milieu, surplombant largement les anciennes douves. En fait, il s’agit là des « commodités » de l’époque. On s’asseyait à l’extérieur, et les poissons attendaient quelques mètres plus bas...

 Monsieur et madame Méline sont les quatrièmes propriétaires de ce château qu’ils ont acquis en 1963 sur un coup de cœur. Auparavant, il a appartenu à l’abbaye Saint-Germain jusqu’en 1790, puis a été vendu à un marchand de biens qui ne l’a conservé qu’un an avant de céder château et terres à un notaire, Maître Gaucher. Ce sont ses descendants, les Précy de Pourrain qui l’ont revendu aux Méline dans un état proche de la ruine.

 Tous les travaux de restauration ont été réalisés, en accord avec les monuments historiques, par des compagnons du devoir, avec les matériaux de la région, comme à l’origine: grès ferrugineux pour les murs, châtaigner et chêne pour les charpentes,  et tuiles de Bourgogne pour les toitures qui, à elles seules nécessitèrent 20 ans de travaux.

 Le château de Diges, dont les plans furent conçus par Herbert de Vermandois, cousin de Hugues Capet, a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1931.